Nova Scotia Hospital

Nova Scotia Hospital

Photo en noir et blanc d'une aile d'un bâtiment institutionnel, avec une allée et un jardin devant

Remerciements au : personnel de la bibliothèque de l'université Mount Saint Vincent et aux Archives de la Nouvelle-Ècosse pour les photographies.  Auteure : Leslie Baker

Nom(s) de l’institution:

Hôpital de Nouvelle-Écosse (Nova Scotia Hospital)

Fondé en 1856 sous le nom de Mount Hope Asylum et renommé en 1901.

Année d’ouverture:

1856

Lieu:

300 Pleasant Street, Dartmouth, NS B2Y 3S3

Période de désinstitutionnalisation:

1960-1980

Démographie des patients:

Adultes, adolescents et enfants. L’hôpital recevait également les patients de psychiatrie légale de la province.

 Patients dans l’hôpital au début de l’annéePatients admis pendant l’annéePatients sortis durant l’année**
AnnéeMasc.Fem.TotalMasc.Fem.TotalMasc.Fem.Total
1951*306228534382346728386349735
1952302225527293280573312305617
1953285250535383386769334392726
1954334244578397405802451412863
1955280287517457435892422430852
195631524255754152710685147691625
195734229163366050511656424931135
195835231566735854912076545441198
1959***35632067664657212187125931305
196029029958968661513016925891281
1961****         
196240933874791268315959046961600
1963417325742966774174010147811795
1964-72*****         
1973322207539244513453788244713513798

À partir de 1974, les rapports annuels ne détaillent pas rigoureusement le sexe des patients.

AnnéePatients à l’hôpital au début de l’annéeAdmisSortis
197451139863994
197553039313945 (dont les décès)
1976 2955 
1977 2480 
1978 2548 
1979 2427 
1980 2143 

* Pendant l’année fiscale 1950-1951, les dates de début et de fin d’année ont changé, ce qui signifie que l’année dure 16 mois. Après 1950-1, l’année fiscale de l’Hôpital se conclut le 31 mars.
** Dans les archives provinciales, les patients qui décédèrent furent considérés comme sortis jusque dans les années 1970. Dès 1973, les statistiques de sorties ne comprennent pas les décès.
*** À partir de 1960, l’année fiscale débute le 1er janvier. Donc les statistiques pour cette période se terminent le 31 décembre 1960.
****indisponible

Désinstitutionnalisation:

Ancienne photo en noir et blanc d'un grand hôpital avec des voitures stationnées devant
Hôpital de Nouvelle-Écosse. (McNulty, Nova Scotia Hospital)

La désinstitutionalisation commença assez tardivement en Nouvelle-Écosse. Dès 1970, l’ensemble des admissions de même que le nombre moyen des patients quotidiens continuait de croître. Le nombre total de patients, soit les patients admis et ceux sous traitement (respectivement 3.986 et 4.997), atteint son plus haut point en 1974.

Le Programme d’accueil à la journée, encadrant le traitement des patients en consultation externe, débuta timidement à la fin des années 1960. En 1973, le service de consultation externe accueillit 101 patients ; après 1973, le nombre de nouvelles admissions au Programme d’accueil à la journée était en déclin, jusqu’en 1981, enregistrant alors une hausse avec 91 patients. En 1981, le directeur médical fit état d’ «une tendance vers une demande accrue de services de santé collectifs.» (Nova Scotia Hospital, Annual Report, 1981).

AnnéeAdmissions au service de soins à la journéeNombre de jours de traitement pour les patients du service de soins à la journée
19731012596
1974894981
1975854445
197680 
1977  
1978484896
1979566868
1980917128

Source: Nova Scotia Hospital, Annual Reports, 1973–1980.

À partir de 1973, la durée moyenne de séjour pour les patients passait de 60 jours l’année précédente à 52,9 jours. En 1975, la durée moyenne de séjour tomba à 46,7 jours, mais en 1976, elle atteignit 66 jours, retombant à 48 jours en 1977. Malgré une apparente augmentation de la durée moyenne de séjour, l’hôpital fit état, en 1978, d’une augmentation générale de soins en consultation externe, comprenant aussi bien la thérapie individuelle comme la thérapie de groupe, ainsi que les permissions et les suivis. Le développement de ces programmes de consultations externes repose principalement sur la relation établie entre l’hôpital et les infirmières de santé publique provinciale.

AnnéeAdmissions totalesVisites en consultations externes
197825484790
197924274131
198021438902

Transinstitutionalisation:

Dans les années 1960, on assiste au début d’une transition lente et parfois sporadique vers des soins et des services communautaires. En 1974, l’Unité N-4 fut ouverte afin d’offrir des services d’urgence aux adultes en situation de crise. L’ouverture de l’Unité N-4 coïncide avec l’augmentation des thérapies de groupe en consultation externe, des services de diagnostiques et de thérapies à domicile, ainsi qu’avec une coopération professionnelle plus étroite avec les infirmières de la santé publique provinciale.

Ancienne photo en noir et blanc d'un édifice de bois d'un étage
Centre de traitement Marshall, Section Princesse Alexandra et Section MacKay. (McNulty, Nova Scotia Hospital)
années 1960 ou 1970 représentant le salon d'un hôpital
Nouvelles salles pour les patients de jour, années 1960 ou 1970. (McNulty, Nova Scotia Hospital)

 

Une tendance surprenante peut se dessiner dans les rapports annuels : le transfert de patients vers des institutions des comtés.

AnnéeTransferts vers les institutions des comtésTransferts depuis les institutions des comtés
195919546
196019849
196219132
19731779
197418010

De la thérapie par le travail à l’ergothérapie:

Ancienne photo en noir et blanc d'une grange et d'un champ
Ferme de l’Hôpital. (McNulty, Nova Scotia Hospital)

La thérapie par le travail fut mise en place dès les débuts de l’Hôpital de Nouvelle-Écosse, en commençant par la ferme de l’institution et en rassemblant progressivement de nombreuses corvées de base supervisées.

L’ergothérapie n’était pas enregistrée dans les rapports annuels de l’Hôpital de Nouvelle-Écosse avant 1950, même si elle fut mise en place au moins dix ans plus tôt. En 1950, le département est reconnu au début sous la catégorie «Divertissement des patients» étant donné qu’il facilitait la projection de films. À partir de 1952, le département était responsable de l’administration d’une bibliothèque grandissante et d’une série d’activités de loisirs durant l’année.

Dès 1952, le département d’ergothérapie donna aux patients le choix d’apprendre des métiers : la couture, le tissage, le travail de cuir, la fabrication de gants, de panneaux, de tapis et de jouets, le tricot, la dactylographie, les nœuds, le crochet, l’artisanat à partir de coquillage ou de liège, le tressage, la peinture et la menuiserie. Les patients masculins avaient également l’opportunité de participer à des projets de travail, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’institution. En 1959, on commença à offrir aux patientes des possibilités de travail au sein de l’institution. En 1960, le rapport annuel mentionne des efforts supplémentaires pour trouver d’avantage de places pour les femmes au sein de l’institution.

En 1962, le département d’ergothérapie commença à se tourner vers la «thérapie industrielle». Sous ce terme général, l’hôpital prétendait avoir «créé plus de cent postes pour les patients, utilisant l’hôpital comme industrie» et anticipa la mise en œuvre d’une «pseudo-échelle de salaire pour les patients salariés». Même si les patients s’occupaient de la plupart des tâches au sein de l’hôpital, il ne fut jamais question de les rémunérer. En 1962, une proposition en ce sens fut avancée, sans toutefois être adoptée. (Department of Public Health, Nova Scotia Hospital Report, 1962).

En 1974, le département d’ergothérapie fusionna avec les Services de bénévoles et fut rebaptisé «Département de thérapie de soutien». Ce nouveau département plaça 192 patients dans des «situations de travail au sein de l’hôpital» et ces patients travaillaient 5.684 jours au cours de l’année. Pendant le mois de novembre 1974, un «plan de rémunération expérimental» récompensait financièrement les patients pour leur travail selon le «temps travaillé et le niveau fonctionnel atteint» (Department of Public Health, Nova Scotia Hospital Report, 1974). Le Département rapporta que la mise en place de récompense permettait aux patients d’ «[apprécier] leur rétablissement», ainsi que de reconnaitre les niveaux de performance «insatisfaisants». L’administration déclara qu’elle «espérait que ce genre de programme pourrait faire partie de [son] service de réhabilitation au travail». En 1974, 4.257,95$ «arrivèrent dans les caisses du département grâce à la vente d’articles produits pendant les périodes de traitement» (Nova Scotia Hospital, Annual Report, 1974).

AnnéePatients référés  Patients acceptésJours travaillésRevenus octroyés
197412201925684$4257.95
1975    
197610632365622 
197710812015737 
197811262295138$2820.45
19791057 3812$3968.03

En 1981, les programmes offerts par le Département de thérapie de soutien se diversifièrent pour dépasser les activités de loisir et la thérapie par le travail, au moment où le département initia des groupes tels que le «Groupe d’intérêt professionnel pour adultes et adolescents», le «Groupe d’éducation sexuelle» pour adolescents, le programme d’«Évaluation des aptitudes à vivre en communauté formalisée» et le programme de «formation préprofessionnelle» en consultation externe.

Du patient à la personne:

Photo en noir et blanc d'environ une centaine d'hommes et de femmes déguisés
Fête d’Halloween pour les patients – Début des années 1940. (McNulty, Nova Scotia Hospital)

L’ergothérapie joua un rôle important dans la transition du patient à la personne à l’Hôpital de Nouvelle-Écosse. Les privilèges des patients étaient divisés en fonction du genre : les patients masculins pouvaient aller au théâtre et aux spectacles saisonniers et faire des tour de bus pendant de nombreuses années, alors que les patientes durent attendre beaucoup plus longtemps pour bénéficier des mêmes droits. Dans les années 1950, les patients pouvaient aller au théâtre de Mayfair, aux Ice Cycles (un spectacle annuel au Forum d’Halifax) et d’autres voyages dans la province. Plus largement et au sein de la population masculine, on trouvait des hiérarchies de libertés et de responsabilités : un groupe de patients avait le droit de travailler dans ses propres secteurs, parmi lesquels le magasin de l’hôpital et la cuisine.

La Loi sur les nouveaux hôpitaux (New Hospitals Act) de 1979 constitua la première reconnaissance gouvernementale des droits des patients. Elle imposa des évaluations obligatoires et facilita l’accès au processus d’appel.

 Le personnel durant la période de désinstitutionnalisation:

Photo en noir et blanc d'un groupe d'hommes et de femmes réunis autour d'une table
Équipe d’évaluation. (McNulty, Nova Scotia Hospital)

Le personnel de l’Hôpital de Nouvelle-Écosse était structuré hiérarchiquement: le directeur exerçait son autorité sur le directeur assistant, ainsi que sur les médecins, infirmiers, thérapeutes préposés et ergothérapeutes. Alors que le nombre de patients ne cessa d’augmenter au cours des deux premiers tiers du vingtième siècle, on embaucha des infirmiers et des préposés en conséquence. Le nombre limité d’ergothérapeutes demeura une préoccupation constante. En 1958, le département fit état de réductions dans les programmes en raison du manque d’effectifs. Allant à l’encontre des tendances observées dans les complexes psychiatriques résidentiels ailleurs au Canada à la fin des années 1950 et au début des années 1960, le département d’ergothérapie de l’Hôpital de Nouvelle-Écosse fut progressivement abandonné. Ses programmes ainsi que ses employés furent de plus en plus transférés vers d’autres départements. Dans les années 1960, le département d’ergothérapie fait état de manque de personnel et pendant une bonne partie de 1977, le poste de chef fut vacant.

Avec la mise en application de la Loi sur les nouveaux hôpitaux, le 1er avril 1979, les services de références et de garde s’en trouvèrent affectés, entraînant une augmentation des demandes de la part des psychiatres et des médecins, ce qui, selon le rapport annuel, vint à restreindre la durée de traitement direct des patients. Pendant cette période, les initiatives communautaires en santé mentale s’accrurent et la durée moyenne de séjour des patients à l’Hôpital de Nouvelle-Écosse continua à diminuer.

Bibliographie:

Department of Public Health. Nova Scotia Hospital Report. Murray MacKay Superintendent. Dartmouth: Department of Public Health. 1962, 1974–1979.

McNulty, Susan. Nova Scotia Hospital 125 Anniversary: Special Edition, 1858–1983. Dartmouth: Nova Scotia Hospital, 1983.

Nova Scotia Hospital. Annual Reports of the Nova Soctia Hospital. Halifax: Queen’s Printer. 1960, 1963, 1973–1981.